Entre la signature du compromis de vente et l’acte authentique chez le notaire, comptez en général 2 à 3 mois. Ce délai sert à purger le droit de préemption de la commune, à laisser l’acheteur obtenir son prêt et à réunir les pièces administratives. Pendant les 10 premiers jours, l’acheteur peut se rétracter sans motif. Le vendeur, lui, est engagé dès sa signature.

Ces semaines sont souvent vécues comme une attente passive. Elles ne le sont pas : c’est pendant cette période que surgissent les retards, et parfois l’échec d’une vente. Voici ce que contient un compromis, ce qui engage chacun, les délais étape par étape et les points à vérifier dans le sud de Lille avant de signer.

Compromis ou promesse de vente : quelle différence ?

Les deux sont des avant-contrats : ils fixent l’accord entre vendeur et acheteur avant l’acte définitif.

  • Le compromis de vente engage les deux parties. Le vendeur s’engage à vendre, l’acheteur à acheter, sous réserve des conditions suspensives. C’est la formule la plus courante pour une maison.
  • La promesse unilatérale de vente engage d’abord le vendeur. Il réserve le bien à l’acheteur pendant une durée fixée ; l’acheteur, lui, dispose d’une option qu’il lève ou non. En contrepartie, il verse en général une indemnité d’immobilisation, dont le montant est prévu dans la promesse.

Dans les deux cas, l’acheteur bénéficie d’un délai de rétractation de 10 jours. L’avant-contrat peut être rédigé par l’agence ou par le notaire. Chaque partie peut aussi se faire accompagner par son propre notaire.

Que contient un compromis de vente ?

Un compromis bien rédigé ne laisse aucune zone floue. On y trouve notamment :

  1. l’identité des vendeurs et des acheteurs, et leur situation (mariage, indivision, succession) ;
  2. la désignation précise du bien : adresse, références cadastrales, surface, équipements vendus avec lui ;
  3. le prix, et les honoraires d’agence tels que prévus au mandat (notre article mandat exclusif ou simple explique ce que doit contenir un mandat) ;
  4. le montant du dépôt de garantie et la personne qui le conserve ;
  5. les conditions suspensives, en particulier l’obtention du prêt ;
  6. la date limite de signature de l’acte authentique ;
  7. le dossier de diagnostic technique, annexé au compromis ;
  8. les informations d’urbanisme, les servitudes et l’origine de propriété.

Le dossier de diagnostics doit être complet dès la signature. Si un diagnostic obligatoire fait défaut, l’acheteur peut demander une baisse de prix, voire l’annulation de la vente. La liste complète, avec les durées de validité, figure dans notre article sur les diagnostics obligatoires pour vendre.

Délai de rétractation, dépôt de garantie : ce qui engage chacun

Les 10 jours de rétractation de l’acheteur

L’acheteur peut renoncer à l’achat pendant 10 jours, sans avoir à se justifier et sans pénalité. Le délai commence après la remise ou la notification du compromis signé. S’il se rétracte, son dépôt de garantie lui est restitué.

Le vendeur ne dispose pas de ce délai. Une fois le compromis signé, vous ne pouvez plus accepter une meilleure offre ni retirer le bien de la vente.

Le dépôt de garantie

L’usage est un dépôt de garantie de 5 à 10 % du prix. Pour une maison vendue 214 000 €, le prix médian à Seclin (DVF, ventes 2023-2025), cela représente 10 700 à 21 400 €. La somme est bloquée sur un compte séquestre, en général chez le notaire, puis déduite du prix le jour de l’acte.

Si l’acheteur renonce en dehors des cas prévus au compromis, le dépôt peut revenir au vendeur à titre d’indemnisation, selon les clauses signées. D’où l’intérêt de conditions suspensives précises.

Les conditions suspensives : prêt, droit de préemption et autres

Une condition suspensive est un événement dont dépend la vente. S’il ne se réalise pas, la vente tombe sans faute de personne.

  • L’obtention du prêt : c’est la condition la plus fréquente. Le compromis fixe le montant, la durée, le taux maximal et la date limite d’obtention. Plus ces paramètres sont réalistes, moins la condition est fragile.
  • La purge du droit de préemption urbain : le notaire interroge la commune, qui peut acheter en priorité. La réponse de la commune doit être obtenue avant l’acte.
  • Les conditions particulières : obtention d’un permis de construire pour un agrandissement, vente préalable d’un autre bien, absence de servitude gênante. Chacune ajoute du délai et doit être rédigée avec soin.

Combien de temps entre le compromis et l’acte ?

Étape Délai indicatif Ce qui se passe
Offre acceptée Point de départ Accord écrit sur le prix et les conditions
Signature du compromis Dès que le dossier est complet Diagnostics annexés, dépôt de garantie versé
Rétractation de l’acheteur 10 jours L’acheteur peut encore renoncer sans motif
Demandes de prêt Selon les dates fixées au compromis L’acheteur dépose ses dossiers auprès des banques
Purge du droit de préemption Pendant la période compromis-acte Le notaire interroge la commune
Offre de prêt Selon la date limite du compromis L’acheteur doit respecter un délai de réflexion avant de l’accepter
Pièces administratives En parallèle Urbanisme, état hypothécaire, documents du vendeur
Acte authentique En général 2 à 3 mois après le compromis Signature, paiement du prix, remise des clés

Si vous vendez pour racheter, ce calendrier conditionne votre propre achat. Les stratégies pour enchaîner les deux opérations sont détaillées dans notre article vendre puis acheter.

Que se passe-t-il si l’acheteur n’obtient pas son prêt ?

Tout dépend de la manière dont il a fait ses démarches.

  • Il a demandé son prêt dans les conditions prévues et la banque refuse : la condition suspensive n’est pas réalisée. La vente tombe et il récupère son dépôt de garantie. Il doit fournir les justificatifs de refus.
  • Il n’a pas fait les démarches, ou a demandé un prêt différent de celui prévu : il ne peut pas se prévaloir de la condition. Selon les clauses du compromis, il peut perdre son dépôt de garantie.
  • Le prêt arrive en retard : les parties peuvent convenir par écrit de prolonger le délai, ce qui repousse l’acte.

Pour limiter ce risque, regardez le plan de financement dès l’offre : apport, simulation bancaire, montant du prêt demandé. Un compromis signé avec un acheteur au financement solide vaut mieux qu’un prix légèrement supérieur avec un dossier fragile.

D’autres blocages sont évitables en amont : travaux réalisés sans autorisation d’urbanisme, succession non réglée (l’attestation immobilière du notaire doit précéder la vente, voir notre article sur la vente d’une maison en succession), désaccord entre indivisaires, crédit à rembourser supérieur au prix de vente.

Dans le sud de Lille : ce qu’il faut vérifier avant de signer

Plusieurs points propres au secteur doivent être réglés avant le compromis. Les découvrir après, c’est allonger le délai jusqu’à l’acte.

Point à vérifier Ce que disent les données locales Pièce attendue
Bruit de l’aéroport de Lille-Lesquin Le plan d’exposition au bruit couvre 16 communes, dont Templemars et Vendeville parmi les plus exposées ; Seclin est aussi concernée Document indiquant la zone de bruit, dans le dossier de diagnostics
Permis de louer, si le bien est loué Seclin (déclaration dans le centre, autorisation de diviser sur toute la commune), Emmerin, Haubourdin, Annœullin ; Carvin par secteurs Bail et justificatif de déclaration ou d’autorisation
Plomb, pour un logement construit avant 1949 Logements d’avant 1946 (INSEE) : 29 % à Haubourdin et à Sainghin-en-Weppes, 28 % à Carvin, 22 % à Seclin Constat de risque d’exposition au plomb
Audit énergétique, pour une maison classée E, F ou G 24,9 % des 22 516 DPE du secteur sont classés E, F ou G (ADEME, DPE depuis juillet 2021) Audit de moins de 5 ans, remis dès la première visite
État des risques Anciennes activités minières à Carvin, risque d’inondation selon l’adresse à Haubourdin, Wavrin ou Houplin-Ancoisne État des risques de moins de 6 mois

Attention à la validité de l’état des risques : 6 mois seulement. Si votre maison est en vente depuis plus longtemps, il faudra le refaire avant la signature. Pour un logement loué, les règles de congé et de vente occupée sont expliquées dans notre article sur la vente d’un logement loué.

Le calendrier compte aussi. Sur 5 560 ventes de maisons signées chez le notaire de 2021 à 2025 dans nos 22 communes (DVF), juillet concentre 10,8 % des actes, contre 6,7 % en janvier. Un acte étant signé environ 3 mois après le compromis, ce pic correspond à des compromis conclus au printemps. Si vous visez une remise des clés à une date précise, comptez à rebours.

La signature de l’acte et la remise des clés

Quelques jours avant l’acte, l’acheteur visite souvent une dernière fois la maison pour vérifier qu’elle est dans l’état prévu. De votre côté :

  • videz les lieux et laissez les équipements prévus au compromis ;
  • relevez les compteurs d’eau, d’électricité et de gaz ;
  • conservez votre assurance habitation jusqu’au jour de l’acte ;
  • réunissez les clés, badges et télécommandes.

Le jour de la signature, le notaire lit l’acte, fait signer les parties ou leurs mandataires, et le prix transite par sa comptabilité. Il rembourse l’éventuel crédit en cours, prélève l’impôt sur la plus-value s’il est dû, puis vous verse le solde. Les clés sont remises à l’acheteur à la signature, pas avant, sauf accord écrit encadré par le notaire.

Le plus sûr moyen de raccourcir ce parcours reste de le préparer dès la mise en vente : prix juste, diagnostics à jour, documents réunis. Si vous envisagez de vendre, notre avis de valeur est gratuit, établi après visite et remis sous 48 heures : demander une estimation.

Questions fréquentes

Quel est le délai entre le compromis de vente et l'acte définitif ?

Comptez en général 2 à 3 mois. Ce délai sert à purger le droit de préemption de la commune, à laisser l'acheteur obtenir son prêt et à réunir les pièces administratives. Il s'allonge si le dossier du vendeur est incomplet ou si une condition suspensive tarde à se réaliser.

Le vendeur peut-il se rétracter après la signature du compromis ?

Non. Le délai de rétractation de 10 jours ne profite qu'à l'acheteur. Le vendeur est engagé dès la signature : s'il refuse ensuite de signer l'acte, l'acheteur peut agir en justice pour obtenir la vente ou une indemnisation. Avant de signer, relisez donc chaque clause avec le notaire.

Que se passe-t-il si l'acheteur n'obtient pas son prêt ?

Si le compromis contient une condition suspensive d'obtention de prêt et que l'acheteur a fait ses demandes dans les conditions prévues, le refus de la banque fait tomber la vente : il récupère son dépôt de garantie. S'il n'a pas respecté ces conditions, il peut perdre son dépôt. Le notaire vérifie les justificatifs.

Combien l'acheteur verse-t-il à la signature du compromis ?

L'usage est un dépôt de garantie de 5 à 10 % du prix, soit 10 700 à 21 400 € pour une maison à 214 000 €. La somme est conservée sur un compte séquestre, en général chez le notaire, puis déduite du prix le jour de l'acte. Le montant exact se négocie et figure dans le compromis.

Quand le vendeur reçoit-il l'argent de la vente ?

Le prix est versé par l'intermédiaire du notaire après la signature de l'acte authentique, jamais au compromis. Le notaire en déduit d'abord ce qui doit l'être, comme le remboursement d'un crédit en cours ou l'impôt sur une éventuelle plus-value, puis vous verse le solde.

Sources

Règles en vigueur à la date de publication de l'article. Pour une situation précise, votre notaire reste votre meilleur interlocuteur.